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2022 : une année placée sous le signe de l’ESPOIR grâce à la RECHERCHE

2022

Janvier nous donne encore une fois l’occasion de réfléchir sur les événements de l’année écoulée et les espoirs de celle qui s’annonce.

Pour commencer l’année 2023 sur une note positive, j’aimerais partager avec vous un message d’espoir en résumant les avancées de LA RECHERCHE en 2022

J’ai fait un focus sur le domaine de l’oncologie car la recherche a permis d’importants progrès en matière de prévention et de traitement des cancers, ainsi qu’une diminution de la mortalité associée au cancer.

J’ai également fait un zoom sur le Memorial Sloan Kettering Cancer Center (MSK), centre qui possède l’un des plus grands programmes d’essais cliniques sur le cancer dans le monde.

Ces essais cliniques ont été à l’origine de traitements de pointe, notamment de nouveaux types d’immunothérapie et de thérapies ciblées dont vont pouvoir bénéficier les personnes atteintes de cancer partout dans le monde.

Ci-dessous, quelques-uns des développements les plus importants en 2022, regroupés par type de cancer et par ordre chronologique :

Une thérapie combinée dans le cancer de l’estomac

La thérapie ciblée imatinib (Gleevec®) est le traitement standard pour un cancer de l’estomac appelé tumeur stromale gastro-intestinale (GIST). Mais les patients développent souvent une résistance à ce médicament. Un essai clinique de phase 2 a révélé que l’ajout d’un autre médicament ciblé appelé binimetinib (Mektovi®) entraînait une réponse nettement meilleure que ce qui est habituellement observé chez les patients traités avec l’imatinib seul. Les résultats ont été publiés en ligne le 18 janvier 2022 dans le Journal of Clinical Oncology.

Avancée majeure dans le cancer de la prostate

Le 23 mars 2022, la FDA a approuvé le radiomédicament ciblé (Pluvicto™) pour les patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration qui est positif pour une protéine appelée antigène membranaire spécifique de la prostate (AMP). 

L’approbation était la dernière avancée dans le domaine du théranostic, qui utilise des substances radioactives pour visualiser les cellules cancéreuses et les détruire sans nuire aux cellules normales.

Amélioration du traitement du cancer de la vessie

L’ablation de la vessie (cystectomie radicale) est un traitement efficace du cancer de la vessie, mais les patients s’inquiètent souvent de l’impact de cette chirurgie sur leur qualité de vie. Une nouvelle étude a montré que les patients dont la vessie a été retirée au MSK se rétablissent bien. Une enquête menée auprès de 411 personnes ayant subi une cystectomie radicale n’a révélé aucune diminution significative de la qualité de vie des patients, même dans les trois premiers mois suivant l’opération. Cette recherche a été publiée dans le numéro de mars 2022 de European Urology.

Une prouesse chirurgicale qui protège la fertilité des jeunes patients atteints de cancer

Cette procédure révolutionnaire consiste à déplacer temporairement l’utérus jusqu’à la paroi abdominale pour éviter les dommages causés par les radiations au bassin. 

Il a été proposé à une jeune femme traitée pour un cancer colorectal, dans le but de préserver sa fertilité. Cette chirurgie complexe nécessite de nombreux spécialistes et un plan de traitement hautement coordonné. Elle a depuis été pratiquée sur cinq autres patients au MSK.

Le cancer du rectum disparaît après l’utilisation expérimentale de l’immunothérapie

Un essai historique mené au MSK a montré que pour les patients présentant certaines mutations génétiques, l’immunothérapie éliminait complètement leur cancer du rectum, leur permettant d’éviter les effets secondaires débilitant du traitement standard de radiothérapie, chirurgie et chimiothérapie. Après plus de deux ans, les patients de l’essai sont restés sans cancer. 

Le médicament inhibiteur de point de contrôle dostarlimab (Jemperli) a été administré à des patients atteints d’un cancer du rectum de stade 2 ou 3 dont les tumeurs étaient classées comme déficientes en réparation des mésappariements (MMRd) ou en instabilité microsatellite (MSI). 

Les résultats de l’essai ont été présentés lors de la réunion de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) le 5 juin 2022 et publiés dans le New England Journal of Medicine (NEJM) le même jour

Un vaccin à ARNm contre le cancer du pancréas donne des résultats prometteurs

Même avant que les vaccins à ARN messager (ARNm) ne contribuent à inverser la tendance contre le COVID-19, les chercheurs de MSK utilisaient la technologie des vaccins à ARNm pour traiter le cancer. Le chirurgien et scientifique spécialisé dans le cancer du pancréas à MSK, Vinod Balachandran, MD, dirige le seul essai clinique visant à tester des vaccins à ARNm contre le cancer du pancréas. La clé de ces vaccins semble être les protéines des tumeurs pancréatiques qui alertent le système immunitaire pour tenir le cancer à distance. Les vaccins sont fabriqués sur mesure pour chaque personne, et l’espoir est qu’ils stimuleront la production de cellules immunitaires qui reconnaissent et détruisent les cellules cancéreuses du pancréas. Le Dr Balachandran a présenté les résultats positifs de cet essai le 5 juin 2022 lors de la réunion de l’ASCO.

Un médicament innovant cible HER2, récepteur commun du cancer du sein et du cancer du poumon

Le 5 août 2022, la FDA a approuvé la première thérapie ciblée pour les patientes atteintes d’un cancer du sein HER2-low qui s’est propagé à d’autres parties du corps et ne peut pas être retiré chirurgicalement. Le médicament, le trastuzumab deruxtecan (T-DXd ou Enhertu®), a été approuvé sur la base d’un essai clinique international dirigé par l’oncologue médical du sein au MSK.

L’étude transformationnelle a montré que T-DXd est capable de bloquer HER2 même lorsque les niveaux de la protéine sont faibles – le cas pour environ 55% des personnes atteintes d’un cancer du sein ! les résultats ont été présentés lors de la réunion de l’ASCO le 5 juin 2022, et ont été publiés dans NEJM le même jour.

Le 11 août 2022, la FDA a également approuvé le T-DXd pour les cancers du poumon non à petites cellules causés par des mutations du gène HER2. L’essai qui a abouti à l’approbation a été dirigé par l’oncologue médical au MSK Bob Li, MD, PhD.

 Ce médicament est un conjugué anticorps-médicament composé de deux parties : un anticorps qui se loge dans les cellules cancéreuses avec une dose puissante de chimiothérapie. Parce que l’anticorps délivre la charge utile de la chimiothérapie directement à sa cible, il réduit les dommages collatéraux des effets secondaires observés avec la chimiothérapie traditionnelle. Ce conjugué anticorps-médicament est plus efficace que les autres médicaments ciblant HER2.

La nouvelle thérapie cellulaire CAR T pour le myélome multiple est prometteuse

Avec la thérapie CAR T, les propres cellules immunitaires du patient sont conçues pour attaquer les cellules cancéreuses. Les résultats d’un essai clinique de phase 1 ont montré qu’une nouvelle thérapie cellulaire CAR T semble être sûre et efficace dans le traitement du myélome multiple, une forme de cancer du sang. 

Cette thérapie cible une protéine appelée GPRC5D. L’essai a inclus 17 personnes atteintes de myélome multiple pour lesquelles les autres traitements n’ont pas fonctionné. Dans l’ensemble, 71 % des patients ont répondu au traitement, ce qui signifie que leur cancer a diminué ou disparu, bien que certains aient eu des effets secondaires importants. Parmi 12 patients ayant reçu une dose plus faible, qui avait des effets secondaires gérables, le taux de réponse était de 58 %. L’étude a été publiée dans le numéro du 29 septembre 2022 du NEJM.

La FDA approuve une nouvelle combinaison d’immunothérapie pour traiter le cancer avancé du foie

Le 24 octobre 2022, la FDA a approuvé une combinaison de médicaments d’immunothérapie durvalumab (Imfinzi®) et tremelimumab (Imjudo®) pour les personnes atteintes d’un cancer hépatocellulaire non résécable, le type de cancer du foie le plus courant. L’approbation était basée sur les résultats de l’essai clinique HIMALAYA impliquant 1 117 patients, dirigé par l’oncologue médical gastro-intestinal au MSK Ghassan Abou-Alfa, MD. 

Les résultats de l’étude ont montré qu’après trois ans, environ 30,7 % des patients ayant reçu la nouvelle immunothérapie combinée étaient toujours en vie, contre 20,2 % des personnes n’ayant reçu que le sorafenib (Nexavar®), un inhibiteur de la kinase. Dans le groupe ayant reçu du durvalumab seul, 24,7 % étaient encore en vie. En d’autres termes, l’immunothérapie combinée a réduit le risque de décès de 22%.

Une étude internationale montre que les biopsies liquides peuvent améliorer la survie au cancer du poumon

Une étude internationale menée par des chercheurs de MSK a révélé que les biopsies liquides peuvent améliorer la survie des personnes atteintes d’un cancer du poumon. Les biopsies liquides sont des tests sanguins visant à détecter de petites quantités d’ADN cancéreux flottant dans le sang, ce qui peut révéler les médicaments ciblés les plus susceptibles d’être efficaces pour chaque patient. L’étude a suivi plus de 1 000 personnes traitées pour un cancer du poumon non à petites cellules et ayant subi des biopsies liquides. Parmi ceux qui pouvaient être jumelés à des thérapies ciblées basées sur l’analyse moléculaire, il y avait une réduction de 37% de la mortalité. Cette recherche a été publiée dans Nature Medicine le 10 novembre 2022 et a été dirigée par le Dr Li et le chercheur en oncologie médicale Justin Jee, MD, PhD.